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Justice

« Perversité, manque d’indépendance »: Entretien explosif du juge Levrault sur la justice monégasque

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"Perversité, manque d'indépendance": Entretien explosif du juge Levrault sur la justice monégasque
Photo CC Flickr/hellolapomme

Edouard Levrault garde de ses trois ans passés à Monaco l’impression d’un système « qui doit arranger » et le souvenir de policiers ouvertement hostiles à sa vision de la justice. Entretien (vraiment) sans filtre.

JUSTICE — Le juge savoure sa liberté de parole retrouvée. Dans une interview accordée à nos confrères du magazine l’Obs, l’homme de loi, détaché un temps à Monaco, ne cache plus rien de ses déceptions concernant son court passage dans la principauté.

« Une justice qui arrange »

« J’ai cru en une évolution des autorités monégasques, c’est-à-dire la possibilité d’exercer enfin pleinement des fonctions d’instruction conformément au droit de la Principauté et à ses engagements internationaux » lâche-t-il, dénonçant une « justice (…) qui arrange, et non qui dérange » avant de parler de la « perversité du système actuel » dont il aurait « payé le prix ».

« J’ai servi d’alibi pour justifier à quel point la justice pouvait être indépendante à Monaco » analyse-t-il. « Ce fut de courte durée car, en me limogeant, il a été démontré combien cette indépendance, même dans ses apparences, avait aussi ses limites. »

Un renvoi contesté

Celui qui est aujourd’hui vice-président du Tribunal de Grande Instance de Nice a vu son détachement non renouvelé à compter du 1er septembre 2019. « La décision des autorités monégasques m’a été notifiée sans qu’aucun grief ne soit invoqué, ce qu’aucun État de droit ne saurait admettre », regrette Édouard Levrault.

Les conditions de son « limogeage » ont d’ailleurs été dénoncées par le Groupe d’États contre la corruption (Greco) en 2017, lors de son dernier rapport d’évaluation à Monaco.

Relations orageuses avec les policiers

Les rapports entre le juge Levrault et les policiers locaux ont été… très compliqués. Alors qu’il préconise la mise sur écoute d’un suspect dans une affaire, les enquêteurs auraient décidé de ne pas suivre ses directives et d’interpeller l’homme. « Bon, vous n’avez pas l’air de bien comprendre. Ici, vous êtes à Monaco, et on va vous expliquer comment cela fonctionne » lui aurait-on répondu. Ambiance.

« Les magistrats sont totalement tributaires de la Sûreté publique » développe le juge. « Et ce monopole devient malsain lorsque des soupçons se portent sur certains de ses membres, puisque ce sont alors leurs collègues qui se chargent des investigations ».

A Monaco, le passage d’Edouard Levrault aura été marqué par l’inculpation de dix personnalités pour « trafic d’influence », mais aussi — fait rarissime — par une manifestation silencieuse d’une centaine de policiers sous ses fenêtres.

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Justice

Violences sexuelles dans le sport: une loi pour protéger les mineurs

Pour le sénateur, ce texte doit « ouvrir un débat au Parlement »

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Photo : Bill Oxford

JUSTICE — Après le scandale, la réponse politique. Face à la vague de révélations de cas de violences sexuelles dans le milieu du sport, le sénateur LR Michel Savin a déposé une proposition de loi pour renforcer la protection des mineurs, une initiative qui se veut « un signal fort » en direction des victimes.

« On ne peut pas rester, nous les parlementaires, spectateurs de ce qui se passe », a-t-il déclaré ce jeudi 28 février, lors d’une conférence de presse. Pour le sénateur, ce texte doit « ouvrir un débat au Parlement ».

Déposée mercredi, la proposition de loi se décline en cinq axes : contrôle de l’honorabilité des bénévoles intervenants auprès de mineurs (vérification de leurs antécédents judiciaires), inscription au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV) de toutes les condamnations pour délits sexuels, interdiction à vie d’exercer tout métier au contact de la jeunesse de tous les condamnés pour délits sexuels.

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Justice

VIDÉO. La radicalisation islamiste, « priorité absolue » du nouveau procureur de Nice Xavier Bonhomme

Parmi ses dossiers les plus chauds, la « lutte contre la radicalisation (…) C’est une priorité absolue pour laquelle nous avons un devoir de résultat: le droit à l’erreur, à mon sens, n’existe pas » a-t-il ainsi martelé sur France Bleu Azur ce mardi 28 janvier.

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JUSTICE — Il avait réservé sa première interview à nos confrères de France Bleu Azur. Notre nouveau procureur Xavier Bonhomme, passé par la Corse et la Guadeloupe, a pris ses fonctions à Nice il y a maintenant quelques semaines, après le limogeage de son prédécesseur Jean-Michel Prêtre.

Une arrivée donc difficile, dans un contexte où l’image de la justice azuréenne a été écornée par la gestion par le parquet de l’affaire Geneviève Legay et au renvoi du chef de la police Jean-François Illy au début du mois de janvier.

À LIRE AUSSI… Soupçonné de malversations, le patron des policiers azuréens (déjà) viré

Le nouveau proc’ Xavier Bonhomme se fixe donc comme premier objectif de rétablir « confiance et sérénité. »

« Le droit à l’erreur, à mon sens, n’existe pas »

Parmi ses dossiers les plus chauds, la « lutte contre la radicalisation dans une ville qui a connu des faits effroyables il y a quelques années sur la Promenade des Anglais. C’est une priorité absolue pour laquelle nous avons un devoir de résultat : le droit à l’erreur, à mon sens, n’existe pas. C’est la priorité numéro 1 » a-t-il ainsi martelé sur la radio publique ce mardi 28 janvier.

À LIRE AUSSI… Un azuréen de 25 ans placé sur la « liste noire » des terroristes djihadistes de l’UE

« La deuxième priorité, c’est la lutte contre les stupéfiants » a-t-il poursuivi.  « On n’en fait jamais assez en matière de lutte contre la criminalité, c’est une évidence. »

« Nous avons un devoir de résultat également en matière de violences faites aux femmes, dans un département qui a connu au moins deux victimes l’an passé, a ajouté M. Bonhomme. Nous avons des marges de progression, c’est indéniable »

Concernant la répression de la corruption, le procureur a regretté que « les moyens d’enquête en matière financière ne (soient) pas toujours suffisants. »

À LIRE AUSSI… VIDÉO. « J’étais en colère de voir toutes ces affaires de corruption à Nice » témoigne le président d’Anticor, auteur d’un nouveau livre sur l’éthique publique

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Justice

Soupçonné de malversations, le patron des policiers azuréens (déjà) viré

Moins d’un an après son arrivée à la tête de la police des Alpes-Maritimes, Jean-François Illy vient d’être démis de ses fonctions par le ministère de l’Intérieur

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France Bleu / capture écran

Un petit tour et puis s’en va.

Le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) des Alpes-Maritimes Jean-François Illy, arrivé en février 2019 à Nice, a été démis de ses fonctions par Christophe Castaner mercredi 8 janvier.

Il serait accusé de possibles « malversations », sur la période où il était en poste dans l’Est.

Le désormais ex-« super flic » de notre département fait l’objet d’une enquête administrative de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).

Il est notamment soupçonné d’avoir utilisé son chauffeur et sa carte bancaire de service pour des activités et des frais non professionnels, selon une source proche du dossier citée par nos confrères de France Info.

« Management de la terreur »

Jean-François Illy, 55 ans, chevalier de la Légion d’honneur et décoré de la médaille d’honneur pour acte de courage, menait jusqu’ici un parcours sans faute.

À Strasbourg, il a notamment eu à gérer l’attentat du marché de Noël le 11 décembre 2018 puis la traque de l’assaillant, finalement abattu.

Nice-Matin faisait hier un portrait de lui plutôt louangeur, parlant du « commissaire courage » comme d’un « vrai patron », « charismatique », qui « semblait faire l’unanimité partout où il a été en poste ».

À mille lieues de ça, France Info dénonce plutôt un chef « extrêmement craint au sein des personnels » de la DDSP du Bas-Rhin, qui y menait « un management de la terreur, qui a conduit à ce que personne ne parle et qu’il y ait une sorte d’omerta autour de tout cela », selon une source policière locale.

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