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Extrême-droite

Municipales : Le candidat RN avait incendié des boucheries halal

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Thibault Gond-Manteaux a été condamné en 2011 et 2012 pour avoir participé à des "expéditions à visée raciste". Le RN affirme qu'il n'était au courant de rien.
Les jurés l’ont déclaré coupable d’avoir « participé à plusieurs expéditions à visée raciste »

Thibault Gond-Manteaux a été condamné en 2011 et 2012 pour avoir participé à des « expéditions à visée raciste ». Le RN affirme qu’il n’était au courant de rien.

POLITIQUE — Le candidat, 34 ans, avait été investi jeudi 17 octobre tête de liste par le Rassemblement national (RN) aux élections municipales à Strasbourg. Dès le lendemain, il devait jeter l’éponge. Officiellement, pour des « raisons professionnelles » et des « questions d’agenda ».

« Pires heures de notre histoire »: à Fréjus, David Rachline (RN) décrète un couvre-feu pour les mineurs

D’après les informations de nos confrères de 20 Minutes, l’actuel délégué départemental du RN dans le Bas-Rhin a été condamné par deux fois à de la prison ferme pour avoir notamment participé à des « expéditions à visée raciste ».

Le RN, en pleine « dédiabolisation », affirme ne pas avoir été au courant de ce passé judiciaire très gênant.

Coups de couteau

L’agent d’assurance a ainsi été condamné par la justice pour avoir participé à des agressions et des incendies criminels sur fond de racisme.

Entre 2004 et 2005, l’homme a participé à l’agression de deux personnes d’origine maghrébine dans un parc de la ville bourguignonne. Les victimes ont notamment reçu des coups de couteau et des coups de poing, comme le rapportait France 3.

Thibault Gond-Manteaux est jugé en 2011 par le tribunal correctionnel d’Auxerre et écope d’une peine de trois ans de prison, dont un an et demi avec sursis.

Huit « incendies aggravés »

En 2012, c’est devant la cour d’assises de l’Yonne qu’il comparaît avec huit autres accusés.

Les jurés l’ont déclaré coupable d’avoir « participé à plusieurs expéditions à visée raciste » indique le jugement, cité par « 20 Minutes ».

Au total, le tribunal a recensé huit « incendies aggravés » commis entre mai 2004 et mars 2005, visant des restaurants turcs ainsi qu’une boucherie halal.

Notre sujet, c'est vous. Mordant et malicieux, passionné mais pas naïf, engagé mais pas militant : Rivieractu est un magazine de société sur la Côte d'Azur.

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À Nice, cet incendiaire «Journal des municipales» qui cache bien son jeu

L’équipe de campagne de Philippe Vardon lance, sans l’assumer, un tabloïd dénigrant la municipalité et les autres candidats à l’élection niçoise, au mépris de toute transparence et des standards journalistiques.

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Une du "JDM" en octobre 2019. Montage Rivieractu

DÉCRYPTAGE — Un nouveau journal gratuit à Nice, super !

En plus de CNews et de 20 minutes, les Niçois peuvent depuis quelques jours découvrir un autre titre, Le journal des municipales, pour ne rien rater de la campagne qui s’ouvre.

Sauf que cette nouvelle publication relève plus de la propagande électorale que d’un réel travail journalistique, avec des procédés qui ne relèvent pas du plus grand respect de la déontologie.

Le journal est distribué un peu partout dans Nice ces derniers jours, près du tram’ ou dans les bars de la ville.

🗞 Le Journal des municipales était distribué ce matin dans toute la ville.

A la Une de ce premier numéro :
👉 #Estrosi, 12 ans déjà, le VRAI bilan !

A retrouver en ligne ici ➡️ https://t.co/s1KDFhLLWM#Nice06 #Municipales2020 pic.twitter.com/oBGsm677KD

— 🗞Le journal des municipales (@JDM_Nice2020) October 29, 2019

A la Une pour son premier numéro, le JDM se propose de tirer le « vrai bilan » de Christian Estrosi, entre une « dette hors contrôle (sic) », des « compromissions avec l’islamisme » et une « ville qui perd son âme ». Vaste programme.

Dans cette période où nombre d’élections ont été marquées par les « fake-news » (Trump aux États-Unis, le Brexit, la présidentielle française de 2017, entre autres), les lecteurs veulent de plus en plus, légitimement, savoir qui écrit dans les journaux qu’ils lisent, qui les dirigent, qui les financent, et comment tout cela est organisé.

Pour le JDM, il faut avoir de bons yeux. Les articles, même quand ils expriment un parti-pris, ne sont pas signés.

Il n’y a pas non plus de directeur de la publication d’indiqué, ce qui est pourtant une obligation légale pour tout « journal »… mais le JDM n’en est peut-être pas réellement un.

Même si on ne trouve aucun nom, on peut voir, perdu en bas et en tout petits caractères (p.7) la mention « ce Journal des Municipales est édité par l’AFEPV2020 dans le cadre des élections municipales à Nice ».

Un sigle barbare vu comme ça, qui signifie tout simplement… « Association de financement électoral Philippe Vardon 2020 ».

Ce vrai-faux journal aux allures de prospectus politique est donc financé directement par le fonds de soutien à la campagne du candidat Rassemblement national Philippe Vardon, sans que son lecteur n’en soit réellement informé.

 

Maintenant que les présentations sont faites, de quoi parle-t-il, ce Journal des municipales ?

Dans ses premières pages, le JDM (consultable en ligne ici) propose des « brèves de campagne », qui, en résumé, servent à balancer des tacles à tous les candidats sauf à… Philippe Vardon.

Christian Estrosi, englué dans les dysfonctionnements du nouveau schéma des transports publics ferait une « rentrée dans le chaos », les socialistes « dans la division », rentrée difficile aussi pour Cédric Roussel, le député « élu par accident en 2017″…

Au milieu de ce paysage apocalyptique, une jolie photo du candidat RN et des tirades dithyrambiques qui feraient passer les journaux de la Corée du Nord pour le Washington Post.

« Vardon multiplie les initiatives (…) et les succès », il « crée l’évènement »… N’en jetez plus, la cour est pleine.

Le JDM avance masqué

Là encore, si la presse engagée (ou d’opinion) ne pose aucun problème et relève de la tradition en France, le JDM avance masqué en ne précisant pas que la publication n’est pas un vrai journal, en ne signant rien, en n’avertissant pas sur la nature de son financement politique, et en présentant des informations sans contradicteurs, parfois réelles mais toujours orientées.

« Le journal s’inscrit dans une dimension journalistique tant dans la forme que dans le fond, s’attachant à la rigueur de l’information et des sources. Il est appuyé par une équipe de journalistes et d’anciens journalistes » défend auprès de Rivieractu l’équipe de campagne du candidat RN.

Les standards de la profession ne sont pourtant pas non plus respectés concernant l’iconographie. Si Philippe Vardon est présenté sous son meilleur jour, les choix de photos de ses opposants sont plus discutables.

Là encore, un biais pernicieux pour discréditer l’adversaire.

ENQUÊTE. À Nice, cet incendiaire "Journal des municipales" qui cache bien son jeu

Le Journal des municipales égrène ensuite dans un long dossier consacré à la municipalité Estrosi une série de reproches… sans aucun équilibre.

Là encore, pas de respect des codes journalistiques, puisque tout est présenté à charge et que personne du côté de la Ville n’a semble-t-il été invité à donner son point de vue ou à se défendre dans les colonnes du « journal ».

Le JDM liste donc les « territoires perdus de Nice » (Les Moulins, L’Ariane, Vernier-Trachel, entre autres), marqués par les « trafics en tout genre » et le « prosélytisme jihadiste (sic) ». Dans cet article-ci, visiblement aucun travail de terrain, pas de témoignages d’habitants, de policiers, de la municipalité… rien.

 

Des « experts » très orientés

Comme tout bon journal, la publication qui nous intéresse interviewe des experts pour décrypter des sujets complexes.

Sauf que là encore, ça coince.

Pour dénoncer la gestion des deniers publics de Christian Estrosi (celle d’Eric Ciotti au département est elle aussi pointée du doigt au fil des pages), on trouve un entretien avec Robert Ripoll, présenté comme un « expert comptable » ayant exercé « des responsabilités syndicales départementales ».

Au delà du fait que cet interview ne décrypte pas grand-chose, le JDM ne précise pas du tout que ce fameux Robert Ripoll a été nommé patron du Front national à Nice en 2014. On fait plus indépendant, comme expert des comptes publics.

Un autre article reprend l’accusation de Philippe Vardon selon laquelle la Ville cautionnerait et hébergerait des mosquées radicales.

Des mosquées radicales sciemment hébergées par la Ville?

Abdelkader Sadouni, présenté dans un article comme un « imam radical du quartier des Moulins » (et dont le lieu de travail a été pris en photo et l’adresse publiée) « se réserve le droit d’agir et de saisir la justice », d’après une communication publiée sur Facebook.

Dans un communiqué, le conseiller municipal de la majorité Gaël Nofri a dénoncé un « matraquage de désinformations, de contre-vérités et de caricatures ».

Gael Nofri Philippe Vardon et Jean d’Alembert ne sont pas dans un bateau mais dans ce communiqué à propos du « Journal des Municipales » distribué par le #RN à Nice #Nice06 pic.twitter.com/ggNUDndCrv

— Nice Actualités NRV 😎🦇 (@actualites_nrv) October 30, 2019

Anthony Borré, le directeur de cabinet de Christian Estrosi, a dénoncé une « fake campagne » dans la foulée de la publication de notre enquête.

A la manière du « tabloïd trash » publié par le maire de Béziers Robert Ménard, le « JDM » azuréen présente lui aussi toutes ses infos sur un ton sensationnaliste et orienté.

Aux États-Unis, on assiste également à un développement de sites Internet qui se présentent comme des médias d’investigation et d’information locale, alors qu’ils sont créés pour diffuser une vision d’extrême-droite de la société sans rien respecter du travail des journalistes (lire à ce sujet cette enquête de Politico, en anglais).

MÀJ 01/11 : Ajout des précisions de Philippe Vardon

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Emmanuel Macron

Débattre face à Éric Zemmour? Emmanuel Macron répond « pourquoi pas? »

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Débattre face à Éric Zemmour? Emmanuel Macron répond "pourquoi pas?"
Un match Zemmour/Macron pour bientôt? Montage Rivieractu, captures CNews

Le président de la République ne serait pas opposé à un débat avec le polémiste controversé, d’après le magazine Le Point. Reste à voir dans quelle configuration, Eric Zemmour n’étant plus réellement dans un exercice journalistique depuis plusieurs années.

POLITIQUE / FRANCE — Après son très musclé interview mené par Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel il y a déjà plusieurs mois, Emmanuel Macron pourrait se frotter à un contradicteur bien plus mordant.

Dans un long papier du Point (accessible pour les abonnés ici), on apprend ainsi que le directeur de la rédaction de Valeurs actuelles Geoffroy Lejeune a profité d’une cérémonie donnée en l’honneur de Michel Houellebecq en avril dernier pour demander à Emmanuel Macron… s’il accepterait de débattre avec Eric Zemmour.

Demande osée, à laquelle le président de la République aurait répondu un encourageant « Pourquoi pas ? »

Zemmour : Le CSA met en garde LCI contre « l’incitation à la haine » et avertit le procureur de la République

Cela ne pourrait-être qu’une réponse polie du chef de l’Etat au journaliste dans la mesure où Eric Zemmour est davantage considéré aujourd’hui comme un « prédicateur » (toujours dans Le Point) ou comme un homme politique en devenir que comme un journaliste.

La nouvelle émission du polémiste sur CNews est également dans le viseur du CSA, qui réfléchirait ces jours-ci à siffler la fin de la récréation.

Pour compléter le tableau, depuis avril, Eric Zemmour a été définitivement condamné pour incitation à la haine religieuse, et le procureur de la République enquête également pour des faits similaires après son discours à la « Convention de la droite » fin septembre.

Emmanuel Macron partirait donc dans une bien curieuse aventure.

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Extrême Sud

« Pires heures de notre histoire »: à Fréjus, David Rachline (RN) décrète un couvre-feu pour les mineurs

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"Pires heures de notre histoire":  à Fréjus, David Rachline (RN) décrète un couvre-feu pour les mineurs
« Cette idée de couvre-feu n’a pas lieu d’être, cela nous rappelle les pires heures de notre histoire » affirme une opposante / Photo: capture écran France 2

Le maire RN de Fréjus David Rachline a interdit par arrêté la circulation nocturne des mineurs à proximité d’un centre de vacances qui héberge des migrants sous l’égide de l’Etat.

RÉGION SUD — L’arrêté interdit « la circulation des mineurs non accompagnés par une personne majeure du 1er octobre 2019 au 31 janvier 2020, de 22 heures et 6 heures du matin, lorsque cette circulation nocturne est de nature à porter atteinte au bon ordre, à la tranquillité ou à la sécurité publiques ».

Municipales : Le candidat RN avait incendié des boucheries halal

Le couvre-feu s’applique dans un périmètre défini autour du centre qui accueille 35 mineurs étrangers isolés.

« Stigmatisation »

Le maire RN David Rachline défend cette mesure en affirmant notamment qu’un « certain nombre d’actes délictueux et de troubles à l’ordre public (ont été commis) concomitamment à l’arrivée […] de migrants mineurs non accompagnés, placés sur demande de l’Etat par le conseil départemental du Var, sans concertation avec la Ville. »

« C’est vrai qu’il y a eu une bagarre impliquant deux jeunes migrants qui depuis ont été changés de centre, mais ce n’est pas une raison pour les stigmatiser ainsi », dénonce auprès de l’AFP Marie-José De Azevedo, présidente du Forum Républicain, une association créée en 2014 après l’élection de David Rachline à la municipalité.

« Cette idée de couvre-feu n’a pas lieu d’être, cela nous rappelle les pires heures de notre histoire », ajoute cette opposante.

[Source : AFP]


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