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« Haine des pédés, des Juifs »: 5 choses à retenir du procès hors-norme des « néo-nazis de Nice »

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"Je ne suis pas néo-nazi, je suis nationaliste car j’aime mon pays" affirme un prévenu. Photomontage Rivieractu basé sur l'une des photos haineuses publiée par le groupe sur VK
« Je ne suis pas néo-nazi, je suis nationaliste car j’aime mon pays » affirme un prévenu. Photomontage Rivieractu basé sur l’une des photos haineuses publiée par le groupe sur VK

Huit membres de « Nice Nationaliste » comparaissaient mardi 24 septembre en correctionnelle. Ce collectif de l’ultra-droite avait fait pendant des mois l’apologie des nazis et publié en ligne des textes et des photos de haine contre plusieurs communautés.

1. Nice Nationaliste, un groupe d’ultra-droite

Ce groupuscule niçois d’ultra-droite, ouvertement néo-nazi, s’est créé autour de plusieurs amis d’enfance, réunis pour certains « par le foot ». Il n’avait pas d’existence légale, mais ça ne l’empêchait d’être « très actif sur les réseaux sociaux et dans la rue », relève ainsi Christophe Cirone, le reporter de Nice-Matin qui a suivi le procès.

Parmi les prévenus à la barre, on trouve huit hommes, âgés de 21 à 48 ans, accusés de « provocation à la haine ou à la violence, apologie de crime contre l’humanité et apologie du terrorisme ».

2. Une grande part de LGBTphobie dans l’affaire

Nice Nationaliste s’est rendu coupable de graves dérapages homophobes, via des posts sur les réseaux sociaux, des images dégradantes et des photomontages.

« Pas de pitié pour les pédés, pas de quartier pour les déviants sexuels, pas de défilé pour les enfilés », peut-on lire ici en légende d’une photo postée sur un réseau social russe.

Sur une photo (en haut de cet article), on peut voir deux hommes masqués exécutant le salut nazi et piétinant le drapeau de la communauté LGBT+. L’un d’eux arbore une tête de mort, symbole SS.

3. Antisémitisme revendiqué

Plusieurs suspects ont affirmé avoir voulu « bousculer le politiquement correct ». Dans leurs textes, ils prônent l’extermination des homosexuels, comparent l’équipe de France 2018 à « des singes » ou s’en prennent à Simone Veil, célèbre Niçoise déportée en 1944.

L’antisémitisme du groupe n’est jamais très loin. Il a notamment publié une photo prise devant la synagogue de la rue Deloye. « Ici c’est Nice pas Tel Aviv », proclame-t-ils. On y voit un t-shirt siglé « AJAB », « all jews are bastards », surplobant l’aigle de Nice et celui du IIIe Reich.

4. Une tentative de repentance? 

« J’ai pris du recul », a assuré à la barre l’un des prévenus. « Je n’ai que du mépris pour le terrorisme », assure un autre. Leur engagement dans le mépris, fait, il est vrai, peu de doutes.

La défense a plaidé la repentance pour certains accusés.

« Je ne suis pas néo-nazi, je suis nationaliste car j’aime mon pays. ça ne veut pas dire que je déteste les autres » a défendu un autre. « Jusqu’à présent, y’a personne comme moi qui a pris un camion et qui est allé écraser des gens… » a-t-il glissé en référence à l’attentat de Nice, oubliant au passage qu’aux Etats-Unis les attaques terroristes commis par des membres de l’ultra-droite ont causé, certaines années, bien plus de morts que ceux fomentés par des groupes islamistes radicaux.

5. Des « disciples de Vardon »?

Les prévenus auraient été influencés par le Parti nationaliste français et son porte-parole, Yvan Benedetti. D’autres par le groupe néo-nazi ukrainien, Misanthropic Division.

Selon Me David Rebibou, avocat du Crif, il y aurait aussi dans cette affaire l’influence « des identitaires de Nissa Rebela »: « Nous avons là des disciples de Vardon et de Benedetti ».

Le procureur requiert 6 mois de prison pour les attaques homophobes, un an ferme pour les attaques antisémites, et du sursis pour certains prévenus.

Notre sujet, c'est vous. Mordant et malicieux, passionné mais pas naïf, engagé mais pas militant : Rivieractu est un magazine de société sur la Côte d'Azur.

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Christian Estrosi

Municipales : à Nice, la droite dure en quête d’incarnation pour contrer Estrosi

Le retrait d’Éric Ciotti de la municipale niçoise a laissé un vide à la droite de la droite, celle qui trouve Christian Estrosi trop modéré et Philippe Vardon (RN) trop sulfureux.

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Christian Estrosi, donné gagnant dès le premier tour de l'élection par les sondages, ou en tout cas solide favori, ne devrait pas s'inquiéter outre-mesure des manoeuvres engagées sur sa droite. Photo : LR

POLITIQUE — Christian Estrosi l’a mise à la porte, elle pourrait revenir par la fenêtre ! Vous ne connaissez pas Christelle d’Intorni? L’hypothèse de sa candidature fait pourtant la Une de Nice-Matin ce mardi 17 décembre.

Elle est aujourd’hui en très mauvais termes avec le maire, qui l’a virée du groupe majoritaire au conseil régional il y a quelques années.

L’élue métropolitaine songerait sérieusement à se lancer dans la course à la mairie pour récupérer un électorat rendu orphelin par le retrait de la course d’Éric Ciotti en novembre: celui de la droite dure niçoise.

Municipales : à Nice, la droite dure en quête d'incarnation pour contrer Estrosi
Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, et Christian Estrosi, maire de Nice. Photo : LR

Une droite qui trouve le maire sortant trop « Macron-compatible » et Philippe Vardon pas assez fréquentable, elle veut moins d’impôts et plus de sécurité, plus de fermeté.

Il suffit de discuter un peu avec les ciottistes convaincus pour se rendre compte que la haine reste tenace. « Plutôt voter communistes qu’Estrosi ! » lance l’un d’eux. Radical.

Benoît Kandel, lorgnerait également la place. Plutôt… tranché dans ses prises de positions, il avait demandé en septembre des « sanctions pénales » contre les « parents défaillants » qui disent ne pas avoir les moyens d’envoyer leurs enfants à l’école avec un petit-déjeuner dans le ventre . La sortie avait consterné à-peu-près tout le conseil municipal.

Christian Estrosi, donné gagnant dès le premier tour de l’élection par les sondages, ou en tout cas solide favori, ne devrait pas s’inquiéter outre-mesure des manoeuvres engagées sur sa droite.

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À la une

À Nice, cet incendiaire «Journal des municipales» qui cache bien son jeu

L’équipe de campagne de Philippe Vardon lance, sans l’assumer, un tabloïd dénigrant la municipalité et les autres candidats à l’élection niçoise, au mépris de toute transparence et des standards journalistiques.

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Une du "JDM" en octobre 2019. Montage Rivieractu

DÉCRYPTAGE — Un nouveau journal gratuit à Nice, super !

En plus de CNews et de 20 minutes, les Niçois peuvent depuis quelques jours découvrir un autre titre, Le journal des municipales, pour ne rien rater de la campagne qui s’ouvre.

Sauf que cette nouvelle publication relève plus de la propagande électorale que d’un réel travail journalistique, avec des procédés qui ne relèvent pas du plus grand respect de la déontologie.

Le journal est distribué un peu partout dans Nice ces derniers jours, près du tram’ ou dans les bars de la ville.

🗞 Le Journal des municipales était distribué ce matin dans toute la ville.

A la Une de ce premier numéro :
👉 #Estrosi, 12 ans déjà, le VRAI bilan !

A retrouver en ligne ici ➡️ https://t.co/s1KDFhLLWM#Nice06 #Municipales2020 pic.twitter.com/oBGsm677KD

— 🗞Le journal des municipales (@JDM_Nice2020) October 29, 2019

A la Une pour son premier numéro, le JDM se propose de tirer le « vrai bilan » de Christian Estrosi, entre une « dette hors contrôle (sic) », des « compromissions avec l’islamisme » et une « ville qui perd son âme ». Vaste programme.

Dans cette période où nombre d’élections ont été marquées par les « fake-news » (Trump aux États-Unis, le Brexit, la présidentielle française de 2017, entre autres), les lecteurs veulent de plus en plus, légitimement, savoir qui écrit dans les journaux qu’ils lisent, qui les dirigent, qui les financent, et comment tout cela est organisé.

Pour le JDM, il faut avoir de bons yeux. Les articles, même quand ils expriment un parti-pris, ne sont pas signés.

Il n’y a pas non plus de directeur de la publication d’indiqué, ce qui est pourtant une obligation légale pour tout « journal »… mais le JDM n’en est peut-être pas réellement un.

Même si on ne trouve aucun nom, on peut voir, perdu en bas et en tout petits caractères (p.7) la mention « ce Journal des Municipales est édité par l’AFEPV2020 dans le cadre des élections municipales à Nice ».

Un sigle barbare vu comme ça, qui signifie tout simplement… « Association de financement électoral Philippe Vardon 2020 ».

Ce vrai-faux journal aux allures de prospectus politique est donc financé directement par le fonds de soutien à la campagne du candidat Rassemblement national Philippe Vardon, sans que son lecteur n’en soit réellement informé.

 

Maintenant que les présentations sont faites, de quoi parle-t-il, ce Journal des municipales ?

Dans ses premières pages, le JDM (consultable en ligne ici) propose des « brèves de campagne », qui, en résumé, servent à balancer des tacles à tous les candidats sauf à… Philippe Vardon.

Christian Estrosi, englué dans les dysfonctionnements du nouveau schéma des transports publics ferait une « rentrée dans le chaos », les socialistes « dans la division », rentrée difficile aussi pour Cédric Roussel, le député « élu par accident en 2017″…

Au milieu de ce paysage apocalyptique, une jolie photo du candidat RN et des tirades dithyrambiques qui feraient passer les journaux de la Corée du Nord pour le Washington Post.

« Vardon multiplie les initiatives (…) et les succès », il « crée l’évènement »… N’en jetez plus, la cour est pleine.

Le JDM avance masqué

Là encore, si la presse engagée (ou d’opinion) ne pose aucun problème et relève de la tradition en France, le JDM avance masqué en ne précisant pas que la publication n’est pas un vrai journal, en ne signant rien, en n’avertissant pas sur la nature de son financement politique, et en présentant des informations sans contradicteurs, parfois réelles mais toujours orientées.

« Le journal s’inscrit dans une dimension journalistique tant dans la forme que dans le fond, s’attachant à la rigueur de l’information et des sources. Il est appuyé par une équipe de journalistes et d’anciens journalistes » défend auprès de Rivieractu l’équipe de campagne du candidat RN.

Les standards de la profession ne sont pourtant pas non plus respectés concernant l’iconographie. Si Philippe Vardon est présenté sous son meilleur jour, les choix de photos de ses opposants sont plus discutables.

Là encore, un biais pernicieux pour discréditer l’adversaire.

ENQUÊTE. À Nice, cet incendiaire "Journal des municipales" qui cache bien son jeu

Le Journal des municipales égrène ensuite dans un long dossier consacré à la municipalité Estrosi une série de reproches… sans aucun équilibre.

Là encore, pas de respect des codes journalistiques, puisque tout est présenté à charge et que personne du côté de la Ville n’a semble-t-il été invité à donner son point de vue ou à se défendre dans les colonnes du « journal ».

Le JDM liste donc les « territoires perdus de Nice » (Les Moulins, L’Ariane, Vernier-Trachel, entre autres), marqués par les « trafics en tout genre » et le « prosélytisme jihadiste (sic) ». Dans cet article-ci, visiblement aucun travail de terrain, pas de témoignages d’habitants, de policiers, de la municipalité… rien.

 

Des « experts » très orientés

Comme tout bon journal, la publication qui nous intéresse interviewe des experts pour décrypter des sujets complexes.

Sauf que là encore, ça coince.

Pour dénoncer la gestion des deniers publics de Christian Estrosi (celle d’Eric Ciotti au département est elle aussi pointée du doigt au fil des pages), on trouve un entretien avec Robert Ripoll, présenté comme un « expert comptable » ayant exercé « des responsabilités syndicales départementales ».

Au delà du fait que cet interview ne décrypte pas grand-chose, le JDM ne précise pas du tout que ce fameux Robert Ripoll a été nommé patron du Front national à Nice en 2014. On fait plus indépendant, comme expert des comptes publics.

Un autre article reprend l’accusation de Philippe Vardon selon laquelle la Ville cautionnerait et hébergerait des mosquées radicales.

Des mosquées radicales sciemment hébergées par la Ville?

Abdelkader Sadouni, présenté dans un article comme un « imam radical du quartier des Moulins » (et dont le lieu de travail a été pris en photo et l’adresse publiée) « se réserve le droit d’agir et de saisir la justice », d’après une communication publiée sur Facebook.

Dans un communiqué, le conseiller municipal de la majorité Gaël Nofri a dénoncé un « matraquage de désinformations, de contre-vérités et de caricatures ».

Gael Nofri Philippe Vardon et Jean d’Alembert ne sont pas dans un bateau mais dans ce communiqué à propos du « Journal des Municipales » distribué par le #RN à Nice #Nice06 pic.twitter.com/ggNUDndCrv

— Nice Actualités NRV 😎🦇 (@actualites_nrv) October 30, 2019

Anthony Borré, le directeur de cabinet de Christian Estrosi, a dénoncé une « fake campagne » dans la foulée de la publication de notre enquête.

A la manière du « tabloïd trash » publié par le maire de Béziers Robert Ménard, le « JDM » azuréen présente lui aussi toutes ses infos sur un ton sensationnaliste et orienté.

Aux États-Unis, on assiste également à un développement de sites Internet qui se présentent comme des médias d’investigation et d’information locale, alors qu’ils sont créés pour diffuser une vision d’extrême-droite de la société sans rien respecter du travail des journalistes (lire à ce sujet cette enquête de Politico, en anglais).

MÀJ 01/11 : Ajout des précisions de Philippe Vardon

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Extrême Sud

« Pires heures de notre histoire »: à Fréjus, David Rachline (RN) décrète un couvre-feu pour les mineurs

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"Pires heures de notre histoire":  à Fréjus, David Rachline (RN) décrète un couvre-feu pour les mineurs
« Cette idée de couvre-feu n’a pas lieu d’être, cela nous rappelle les pires heures de notre histoire » affirme une opposante / Photo: capture écran France 2

Le maire RN de Fréjus David Rachline a interdit par arrêté la circulation nocturne des mineurs à proximité d’un centre de vacances qui héberge des migrants sous l’égide de l’Etat.

RÉGION SUD — L’arrêté interdit « la circulation des mineurs non accompagnés par une personne majeure du 1er octobre 2019 au 31 janvier 2020, de 22 heures et 6 heures du matin, lorsque cette circulation nocturne est de nature à porter atteinte au bon ordre, à la tranquillité ou à la sécurité publiques ».

Municipales : Le candidat RN avait incendié des boucheries halal

Le couvre-feu s’applique dans un périmètre défini autour du centre qui accueille 35 mineurs étrangers isolés.

« Stigmatisation »

Le maire RN David Rachline défend cette mesure en affirmant notamment qu’un « certain nombre d’actes délictueux et de troubles à l’ordre public (ont été commis) concomitamment à l’arrivée […] de migrants mineurs non accompagnés, placés sur demande de l’Etat par le conseil départemental du Var, sans concertation avec la Ville. »

« C’est vrai qu’il y a eu une bagarre impliquant deux jeunes migrants qui depuis ont été changés de centre, mais ce n’est pas une raison pour les stigmatiser ainsi », dénonce auprès de l’AFP Marie-José De Azevedo, présidente du Forum Républicain, une association créée en 2014 après l’élection de David Rachline à la municipalité.

« Cette idée de couvre-feu n’a pas lieu d’être, cela nous rappelle les pires heures de notre histoire », ajoute cette opposante.

[Source : AFP]


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