Restons en contact !

France

« C’était la guerre »: un CRS décrit le chaos pendant la crise des « gilets jaunes »

Publié

le

" Le 1er décembre, l'Élysée aurait pu tomber": un CRS décrit le chaos pendant la crise des "gilets jaunes"
Ce premier samedi de décembre marque la première flambée de violences du mouvement des « gilets jaunes » / Photo DR

Un an après le début du mouvement des « gilets jaunes », un policier raconte « l’extrême violence » des manifestations parisiennes, la peur de la mort dans les rangs des forces de l’ordre, et dénonce « l’incompétence » et « l’impréparation » de sa hiérarchie.

SOCIÉTÉ — Un témoignage choc. Auprès de France Inter, Stéphane, 45 ans, CRS, refait le film du samedi 1er décembre 2018, alors qu’il est mobilisé pour la manifestation des « gilets jaunes » à Paris.

« Dès 8h30, 9h du matin, on entendait sur les radios de la police que ça commençait déjà à ‘grenader’ et à partir à l’affrontement, chose qui est incroyable dans une manifestation. Là, on s’est dit : ‘la journée va être très longue’. »

Ce samedi 1er décembre est marqué par des violences sans précédent. C’est ce jour-là que l’Arc de Triomphe est saccagé.

Plusieurs centaines de manifestants au pied de l’Arc de Triomphe lors du mouvement des gilets jaunes le samedi 1er décembre 2018. Photo : Snt113

À la fin de la journée, on dénombre 270 interpellations, et plus de 200 blessés, tant côté manifestants que côté forces de l’ordre.

L’Elysée n’est pas ciblé, et heureusement.

Devant la présidence, « on a 3 000 « gilets jaunes » qui passent devant nous… on n’est que trois ».

« J’ai vu dans les yeux de mes collègues la crainte qu’on ne puisse pas tenir notre position. Si on avait été attaqué là où j’étais, on aurait pas pu tenir : l’Élysée tombait. À posteriori, ça fait vraiment peur », explique-t-il, toujours auprès de France Inter. « Si on avait été vraiment ‘enfoncés’ au niveau de l’Élysée, personne ne pouvait nous secourir. »

“Quand vous avez 3 000 “gilets jaunes” qui passent devant votre barrière, vous vous dites : là, s’ils réalisent qu’on est que trois et que l’Élysée est à 100 mètres, on va peut-être téléphoner à la famille pour leur dire qu’on les aime et qu’on ne sera pas là ce soir.”

Une peur persistante de la mort

Le 8 décembre, il est cette fois en poste en haut des Champs-Élysées. « Et là, ça a été la guerre. Je me suis dit : ‘je vais sans doute y passer' », se remémore-t-il. Les manifestants lancent des projectiles « avec tout ce qui leur tombe sur la main ». Une bombe agricole explose à un mètre du CRS : « Si elle avait explosé au niveau de ma tête, je serais mort. Ça se joue à un mètre parfois, la vie ou la mort. »

« Il y avait vraiment de la haine, les gens voulaient tuer du flic, tout brûler, tout casser. Je me suis dit ce jour-là : ‘il va y avoir des morts’. Côté policiers, côté manifestants, ou les deux. »

Pas de mort ce jour-là, mais au moins 120 blessés parmi les manifestants.

« Survie »

Stéphane pointe du doigt l’emploi de « moyens disproportionnés » par la police : « Au lieu de balancer trois tirs de LBD, on en tire 20, 30, 40. À ce moment-là, on ne se pose pas la question de la légalité, du code pénal ou de la déontologie. Moi, je vous parle de survie. […] Il y avait au minimum 3 000 personnes devant nous sur les Champs, et nous on était 80 ! »

« On se disait : qu’est-ce qu’on fait ? On quitte notre position et on s’enfuit en courant, on tient jusqu’à la mort, on sort notre pétard, on fait quoi ? Si on se fait « enfoncer », on fait quoi ? Et on n’avait pas de réponse. »

« Incompétence » de la hiérarchie policière

Au début de la crise, « la direction n’a pas été à la hauteur » dénonce-t-il. « On pense toujours qu’on est commandés par des gens compétents, et on se rend compte que non »

« On pensait avoir une hiérarchie et des têtes pensantes de bon sens, professionnelles, qui prenaient les bonnes décisions », poursuit le CRS. « Mais on s’est très vite rendu compte qu’il y avait eu de très très mauvaises décisions de prises au niveau des effectifs de terrain, et que la tactique prévue n’était pas du tout en phase avec ce qu’il se passait. »

Les forces de l’ordre sont alors « en sous-effectif, dispersées dans Paris, en manque de moyens, fatiguées, tout le monde crie au secours, il n’y a pas de renforts ».

Depuis, des leçons ont été tirées… mais pas forcément dans le bon sens.

« Aujourd’hui, là où il faudrait 10 policiers, ils en mettent 30. Quand il faut 10 barrières ils en mettent 25, et quand il faut une compagnie de CRS ils en mettent trois. Ils se sont rendus compte qu’ils avaient fait des boulettes » juge Stéphane. « On ne se retrouvera plus dans des situations comme en décembre, mais parfois c’est trop ».

Notre sujet, c'est vous. Mordant et malicieux, passionné mais pas naïf, engagé mais pas militant : Rivieractu est un magazine de société sur la Côte d'Azur.

Lire la suite
Publicité
Commentez cette news

Réagir

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

France

Édouard Philippe tacle « les manifestations » qui ne comptent pas « face aux élections »

Dit-il, venant soutenir un candidat donné largement perdant

Publié

le

Rédigé par

Édouard Philippe
Photo : Jacques Paquier

FRANCE — Le « nouveau monde » ne mise toujours pas sur l’apaisement. Le Premier ministre, Édouard Philippe, a considéré mardi que « ce qui compte vraiment pour choisir les représentants, ce sont les suffrages », et non « les manifestants », lors d’un meeting du candidat LREM à la mairie de Metz.


À LIRE AUSSI… Municipales : 30% des Français veulent voter pour « sanctionner Macron »

À LIRE AUSSI… 61% des Français veulent le retrait de la réforme des retraites: nouveau sondage préoccupant pour Emmanuel Macron


Tacle au passage pour les chaînes d’info

Après de longues semaines de mouvements sociaux, consécutifs au débat sur le projet de réforme des retraites rejeté par une large majorité de Français, la sortie ne devrait pas passer inaperçue.

« Dans une démocratie, on ne compte pas les décibels, on ne compte pas les manifestants. On peut, mais ce qui compte vraiment pour choisir les représentants, ce sont les suffrages », a-t-il encore lâché.

« Notre responsabilité, c’est de bien rappeler à ceux qui vont voter les 15 et 22 mars que leur vote est l’élément essentiel du choix démocratique, beaucoup plus que les sondages, que les commentaires, que les éditoriaux, que les chaînes d’information en continu », a encore tonné le Premier ministre.

M. Philippe venait à Metz soutenir le candidat LREM dans le chef-lieu de la Moselle, Richard Lioger, donné perdant dans les sondages.

Lire la suite

France

Contre le « séparatisme islamiste », le plan de Macron pour une « reconquête républicaine »

Le président commence cette semaine à dévoiler sa stratégie de lutte contre « le séparatisme » et le radicalisme islamiste, en se rendant ce mardi 18 février à Mulhouse à la rencontre des forces de l’ordre et des associations

Publié

le

Rédigé par

Photo : Jacques Pacquier

POLITIQUE — Le président veut faire de la lutte contre l’islam radical l’un de ses axes de campagne pour 2022. Et cela commence dès cette semaine.

Il est attendu mardi à Mulhouse, dans le quartier de Bourtzwiller qui « concentre un certain nombre de problématiques », comme la pauvreté ou la délinquance, et « où la République doit réaffirmer sa présence », selon l’Élysée, cité par l’AFP.

À LIRE AUSSI… Alpes-Maritimes: Si elles ne respectent pas les « valeurs de la République », les associations ne recevront plus de subventions

Emmanuel Macron a prévu d’assister à un point de situation avec les forces de l’ordre, puis à une table-ronde avec des représentants d’associations sociales, culturelles, religieuses ou sportives.

Il devrait ensuite faire une déclaration publique, accompagné du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, du secrétaire d’Etat Laurent Nuñez, de Gabriel Attal (Jeunesse) et de Roxana Maracineanu (Sports).

Cette visite de terrain lui donnera l’occasion d’aborder les deux grands piliers de son plan.

Plan en 25 « actions »

Le premier, coercitif, avec « la lutte contre le repli communautarisme, le séparatisme islamiste et le radicalisme ».

Il s’agit de cas comme les écoles hors contrat « qui ne respectent pas les principes républicains », les jeunes filles non scolarisées, la séparation hommes-femmes dans les piscines, le censure de films ou de spectacles, associations culturelles qui deviennent religieuses, selon une source gouvernementale, toujours auprès de l’AFP.

À LIRE AUSSI… Municipales : 30% des Français veulent voter pour « sanctionner Macron »

Il présentera aussi un volet positif de « reconquête républicaine des quartiers qui en ont besoin » en terme de services publics, de culture, d’équipements sportifs, pour que les habitants ne soient pas tentés d’aller vers des « circuits parallèles ».

Au total, la stratégie du gouvernement devrait s’appuyer sur quelque 25 actions, selon un document de travail datant de janvier et dévoilé par Le Point ce week-end.

Pas de prise de position sur le voile

Le chef de l’État devrait annoncer des initiatives pour l’organisation d’un « islam de France », notamment la formation des imams et le financement des lieux de culte par des pays étrangers.

« Le président de la République ne souhaite en revanche pas aller sur le terrain du voile, qui divise sa majorité et sur lequel le Rassemblement national nous a provoqué », selon une source gouvernementale.

La droite appelle depuis des mois Emmanuel Macron à faire preuve de plus de fermeté sur ce dossier. « On est en train de perdre le combat contre l’islamisme », affirme dimanche dans le JDD le chef de file LR du Sénat Bruno Retailleau pour qui, « bientôt, il sera trop tard ».

Lire la suite

France

Présidentielle 2022: Trois quarts des Français rejettent (déjà) les candidats probables

…et 80% sont opposés à un nouveau second tour Emmanuel Macron vs. Marine Le Pen

Publié

le

Rédigé par

Photos : Jacques Pacquier / Parlement européen / montage Rivieractu

POLITIQUE — Les Français rejettent en bloc l’hypothèse d’un nouveau duel Macron/Le Pen en 2022.

Près de trois sur quatre ne sont pas satisfaits non plus de l’offre politique actuelle en vue de la présidentielle, selon un sondage Elabe diffusé ce mercredi 12 février.


À LIRE AUSSI… Municipales : 30% des Français veulent voter pour « sanctionner Macron »

À LIRE AUSSI… 61% des Français veulent le retrait de la réforme des retraites: nouveau sondage préoccupant pour Emmanuel Macron


« Aucune personnalité politique française » ne convient actuellement à 72% des personnes interrogées dans la perspective de l’élection.

Un duel, jugé « probable »,  entre le président de la République et la patronne du Rassemblement national est massivement rejeté par… 80% des Français.

Qu’attendent les électeurs?

Environ quatre Français sur dix attendent d’un candidat à la présidentielle qu’il ait été un responsable politique (43%) ou ait exercé des responsabilités associatives (37%).

Un quart (24%) attendent au contraire qu’il n’ait « jamais fait de politique ».

L’honnêteté serait la qualité la plus attendue du chef de l’Etat (71%), avant d’être à « l’écoute des Français » (67%), une attente en hausse de 13 points par rapport à une précédente enquête d’avril 2016.


Enquête réalisée en ligne les 11 et 12 février auprès de 1.002 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur de 1,4 à 3,1 points.

Lire la suite

🔥 C’est populaire