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"J'aurais eu moins de problèmes si j'étais blanc": Mario Balotelli, une carrière marquée par le racisme des supporters

Balotelli se livre sur le racisme: "J'aurais eu moins de problèmes si j'étais blanc"
Capture écran vidéo YouTube de l'OGC Nice

En déplacement au Hellas Vérone avec son équipe de Brescia dimanche 3 novembre, l'ancien buteur de l'OGC Nice n'a pas pu contenir sa colère face aux cris racistes dont il était victime. L'Italie et son football souffrent ainsi toujours autant du racisme revendiqué par nombre des supporters. Retour sur les confidences passées de l'attaquant italien.

SOCIÉTÉ — En conférence de presse, Ivan Juric, l'entraîneur de Vérone, assurait qu'il n'y avait pas eu de cris racistes pendant cette rencontre, juste du "chambrage".

Même son de cloche pour le président du club de Vérone, Maurizio Setti, qui ne semble y voir qu'un caprice de Balotelli, défendant son public qu'il voit comme "ironique mais pas raciste".

Award de la réaction la plus improbable pour Lucas Castinelli, chef des ultras du Hellas Vérone.

Celui qui est également un militant du parti néo-fasciste Forza Nuova a ainsi tenté une défense... confondante : "Balotelli a entendu (ces cris) dans sa tête."

Encore et toujours "le folklore"

"Nous avons une culture identitaire d’un certain type. Nous sommes partisans de provocations qui prennent le joueur visé par les c…, celui qui a les cheveux longs, celui qui est chauve, le joueur du Sud, le joueur de couleur mais on ne le fait pas avec un instinct politique ou raciste. C’est du folklore, ça s’arrête là. (...) Vous verrez que la tribune de Vérone ne sera pas sanctionnée".

La carrière de Mario Balotelli a été marquée par ce types de dérapages gravissimes.

"Mon capitaine a le sang italien". Cette banderole raciste est déployée durant une rencontre entre l'Italie et l'Arabie saoudite, en mai 2018.

Particulièrement visé, Mario Balotelli a dénoncé ces propos sur son compte Instagram, en intimant à ces "fans" de se réveiller: "On est en 2018... Ca suffit, réveillez-vous !".



Dans "Demoni", il livre des anecdotes sur son enfance difficile à vivre.

Dès les premières années de sa scolarité, il est pris à partie: "J'aurais eu moins de problèmes si j'étais blanc".

"À l'école à chaque fois que le goûter de quelqu'un disparaissait, on m'accusait sans même enquêter", témoigne-t-il, cité par 7sur7.

"Non, tu es Noir"

L'ancienne figure de l'OGC Nice grandit au nord de l'Italie, dans la banlieue de Brescia. "Une fois j'avais fait mes devoirs, donc ma mère m'a laissé sortir pour jouer au foot. Je demande aux autres pour jouer et ils me répondent 'Non pas toi Mario', j'insistais d'un 'j'ai fait mes devoirs', mais la réponse ne changeait pas : 'Non tu es noir Mario.' Après ça, je n'ai pas arrêté de pleurer".

La violence de ce racisme latent continue de se faire entendre sur terrains de football avec les années.

"Pendant un stage à Rome avec les U21, je discutais quand deux personnes sur une moto ont commencé à crier 'Négro ! Négro de merde !' Ils se sont rapproché et m'ont lancé une peau de banane."

Lors d'un match au sommet, il subit des cris à son encontre.

"Lors d'un Juventus-Inter on m'a tout fait 'Négro', 'singe', 'retourne en Afrique !', les cris de singes... Le président Moratti était tellement énervé qu'il voulait désinscrire l'équipe du championnat."

"Le racisme est-il légal en France?"

Il y a presque trois ans, en janvier 2017, l'attaquant de 27 ans dénonçait de nouveaux cris de singe lors d'un match entre Bastia et l'OGC Nice: "Est-ce normal que les supporters de Bastia fassent des bruits de singes et des 'uh uh' pendant tout le match, et que personne des 'commissions de discipline' ne dise rien ? Le racisme est-il légal en France ? Ou seulement à Bastia ?", s'interrogeait-t-il sur Instagram.

Mario Balotelli termine avec ces propos: "Je ne suis pas sûr que le comportement des gens se soit amélioré. Le Moyen-Âge est fini, il est temps que tout le monde s'en rende compte. Pour que cela change, il faut apprendre à nos fils que l'on est tous égaux. Ça devrait être évident, mais ce n'est pas le cas".

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