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"Ni oubli, ni pardon": Entre tristesse et colère, l'hommage aux 8 morts du drame d'Aubagne à Marseille

"Ni oubli, ni pardon": Entre tristesse et colère, l'hommage aux 8 morts du drame d'Aubagne à Marseille
Photo : Twitter @T_Bouhafs

La mort de huit personnes dans l'effondrement d'immeubles à Marseille a fait revenir dans le débat public le drame de l'habitat insalubre. Un an après, un hommage populaire a été rendu aux victimes, alors que de nombreuses questions sur la catastrophe restent sans réponse.

SOCIÉTÉ — Simona, Chérif, Marie, Ouloumé, Tahar, Fabien, Pape Magatte et Julien: sans-papiers, artistes, étudiante ou mère de famille, Français, Italienne ou Tunisien: huit personnes ont perdu la vie sous les gravats des 63 et 65 rue d'Aubagne, à deux pas du Vieux Port, dans la deuxième ville de France.

Plusieurs centaines de personnes leur ont rendu hommage entre une "profonde émotion et des cris de colère", rapporte l'AFP. Le drame avait mis au jour le fléau de l'habitat insalubre.



Ce mardi 5 novembre, à 09h05 précises, un an après la catastrophe, un demi-millier de personnes ont observé huit minutes de silence sous une banderole "ni oubli, ni pardon", sur les lieux de la catastrophe.

"La mairie, coupable, la métropole, coupable"

Huit torches ont été allumées en mémoire des morts, des fleurs et des bougies ont été déposées.

"C'est pas possible qu'un truc comme ça arrive en France, c'est un drame humain, ils n'avaient rien demandé" regrette Saïda, cousine de l'une des victimes, toujours auprès de l'AFP.

Après le silence, des cris de colère ont retenti dans la foule: "la mairie, coupable, la métropole, coupable".

Preuve de l'ambiance particulière sur place, le maire LR Jean-Claude Gaudin, au pouvoir depuis un quart de siècle et dont la gestion de la crise a particulièrement heurté, s'est recueilli...  "derrière les murs de l'hôtel de ville et les barrières qui l'entourent, à un kilomètre de là", loin de la foule réunie à pour l'hommage ce matin.


"En un an nous avons pris quantité de décisions sur l’habitat insalubre, c’est un problème national", a déclaré l'édile, avant de dévoiler une plaque recouverte des couleurs bleu et blanc de la ville, portant les noms des victimes et assurant que la ville "ne les oublie pas".

Elle sera prochainement installée "sur les lieux du drame".

100.000 personnes vivent dans des taudis à Marseille

L'enquête de police se poursuit pour tenter de déterminer d'éventuelles responsabilités quant à l'effondrement de ces immeubles, dont l'un, vide, appartenait à la ville. Des experts avaient alerté à plusieurs reprises sur la gravité de la situation.

Depuis un an, plus de 3.200 personnes ont été évacuées, à travers la ville, dans 370 immeubles frappés d'"arrêtés de péril". Plus de 300 sont encore en attente de relogement.

Une "grande marche contre le mal logement" sera organisée samedi à Marseille.

A Marseille, 860.000 habitants, 100.000 personnes vivent encore dans des taudis, selon la Fondation Abbé Pierre.

Ils sont 1,3 million en France à occuper "des logements menaçant leur santé et leur sécurité".

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