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"Vague de suicides inédite", plan d'urgence: 4 points pour tout comprendre de la "marche de la colère" des policiers

Les organisations syndicales ont donc réussi "l'union sacrée", et espèrent une mobilisation exceptionnelle
Les organisations syndicales ont donc réussi "l'union sacrée", et espèrent une mobilisation exceptionnelle / Photo : Rama

A l'appel d'une intersyndicale inédite depuis 2001, les policiers s'apprêtent à battre le pavé à Paris, ce mercredi 2 octobre, pour une "marche de la colère" sur fond de profond malaise au sein de la profession.

Il n'y avait pas eu un mouvement pareil depuis près de vingt ans, avec la mobilisation qui avait suivi le meurtre de deux policiers au Plessis-Trévise (Val-de-Marne) par un braqueur récidiviste.

Les organisations syndicales ont donc réussi "l'union sacrée", et espèrent une mobilisation exceptionnelle de 15.000 à 20.000 manifestants.

On fait le point sur les motifs de cette colère.

1. Vague de suicides

La vague exceptionnelle des suicides enregistrés depuis le début de l'année a déclenché le mouvement.

Il s'agirait de la plus forte poussée d’actes suicidaires jamais connue, analyse le média en ligne Miroir social.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a annoncé le 12 avril, la mise en place d'une cellule de vigilance pour les prévenir. Insuffisant, juge la profession.

En une seule semaine, fin juillet, cinq policiers se sont donnés la mort.

Le problème, déjà présent depuis un moment, s'est aggravé à la fin de l'année 2018, avec les manifestations des "gilets jaunes" chaque samedi.

2. Les heures supp' impayées

C'est le deuxième problème aigu que les policiers vont dénoncer aujourd'hui. Ils ont accumulé quelques 23 millions d'heures supplémentaires non payées, alors que le ministère de l'Intérieur recherche désormais une enveloppe de 300 millions d'euros pour remettre les compteurs à zéro à partir de janvier 2020.

"C’est un chantier que nous ouvrons", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, le 28 août sur BFMTV. "Je souhaite que, d’ici à la fin de l’année, nous commencions à payer et à apurer une partie de notre dette."

3. De mauvaises conditions de travail

Christophe Castaner l'avait également reconnu sur RMC fin août : "Les policiers ont un week-end [de repos] tous les six week-ends, la vie familiale en prend un coup". Il annonçait "travailler sur le changement des cycles horaires". "Dans ce que nous proposons, ils auront un week-end de trois jours tous les deux week-ends, ils auront un mercredi tous les deux mercredis.", ajoutait-il.

Une revendication des syndicats, qui réclament de meilleurs cycles horaires, en plus d'une "amélioration générale des conditions de travail". 

Le syndicat Alliance préconise "un vrai plan d'urgence, qui permettrait enfin d'avoir des conditions de travail décentes, d'avoir aussi, comme tout le monde, des heures supplémentaires payées. De ne pas arriver au travail dans des locaux insalubres et se sentir bien au travail pour pouvoir affronter la misère, la violence, le rôle de policier sur la voie publique qui est loin d'être facile, qui est dangereux, etc. Si nous atteignons une situation catastrophique, cela sera de la faute de l'administration, la faute du gouvernement et la faute de la présidence."

4. Réforme des retraites

Les policiers bénéficient d'une bonification spéciale dite "du cinquième" ou "quinquennale", qui leur offre une annuité (quatre trimestres) de cotisation tous les cinq ans pour leur retraite. Mais ça pourrait ne pas durer, avec la réforme en cours. Un point de tension supplémentaire entre eux et l'exécutif.

"Nous voulons une position ferme et définitive du gouvernement" réclame Unité SGP Police-FO.

Pour Yves Lefebvre, patron du syndicat de gardiens et de gradés "tout le monde doit comprendre qu'il y aura le feu dans la maison 'police'" si le gouvernement suit les préconisations de Jean-Paul Delevoye."

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